...SUR LA ROUTE...

© 2020 par Ma & Ky & Mi

  • hmargaux

Alors ce retour, pas trop dur ?


Je ne pourrais dire combien de fois on m'a posé la question...de façon curieuse, bienveillante ou compatissante. Merci à tous, amis, famille, collègues d'avoir eu cette attention envers mes enfants et moi.

Nous n'avions pas préparé, anticipé, angoissé de ce retour. On s'est retrouvé dans l'avion, on s'est regardé et on s'est dit "merde, on rentre là". Et voilà. On n'a pas du tout souffert du décalage horaire. On a eu de la neige 2 jours après notre retour, les enfants étaient aux anges (j'avais eu droit à leurs états d'âme, sous 36 degrés au Cambodge "quoi !!! il neige en France !! ça fait 4 ans que j'attends ça et je suis même pas là !! c'est pas juste !")

On y a été doucement, on ne s'est pas frotté au monde extérieur tout de suite, l'agression d'une hôtesse dans l'avion du retour par un jeune français nous a rappelé où nous allions mettre les pieds.

Donc je me suis fait livrer les courses pour la première fois de ma vie. J'ai doucement repris une vie sociale en partant à l'anniversaire d'un copain dans un bar parisien. On a regardé nos photos. On a bu du thé sous la couette en regardant la neige tomber.

Et puis un lundi, départ pour l'école et le travail. Comme je m'en doutais on se remet très vite dans une routine, on se réadapte vite au quotidien. J'adore mon travail et j'ai été ravie de le retrouver, de retrouver ma dream team, d'autant plus que mon adjoint a fait un super boulot en mon absence (et il a carrément lavé et aspiré ma voiture ! si ça c'est pas incroyablement gentil !). Les enfants ont retrouvé leurs copains, les moqueries "ah t'as refait ta coupe de caniche" et les couchers à 21h.

Spontanément on s'est concentré sur le positif. J'ai été ravie de pouvoir cuisiner à nouveau, des veloutés de champignons, de brocolis au roquefort, de manger une raclette ou du camembert. Les enfants ont été ravis de pouvoir remettre à nouveau le bazar dans leur chambre (moi moins..). On a fait la connaissance de notre petit neveu/cousin. On espionne les oiseaux qui font leur nid dans les arbres en face de nos fenêtres. On a retrouvé notre chat sauvage (Sandrouche gratitude éternelle pour t'en être occupée !).

Mais...au milieu de tout ça je sens au fond de nous un petit feu, vivace, qui crépite. Un quelque chose d'incomplet, un manque que je n'arrive pas à expliquer. Le grand air nous manque, on a passé des semaines dehors et j'ai la sensation d'étouffer entre 4 murs. Les échanges humains sont affreusement fades, le climat est rude et l'individualité est oppressante. Notre soif de découvertes, de rencontres, de grands espaces n'est pas comblée ici. Après avoir passé 3 mois dehors c'est peut-être le plus difficile, rester enfermer toute la journée. On a besoin de la terre, de sentir le vent, le soleil, tous les grands espaces vierges de l'Asie, majestueux, nous manquent. On compense comme on peut ici mais...c'est pas pareil.

Il a fallu rentrer pour se rendre compte de ce qu'on a vécu là-bas. Le décalage le plus flagrant fut peut-être le flux ininterrompu de pensées que nous avions mis de côté en voyage. On avait juste à se laisser porter, par nos envies, nos intuitions. A peine arrivés ici que les bavardages incessants de l'esprit ont repris, nous empêchant de vivre à fond le moment présent. "il faut que je prévois le repas pour ce soir, il faut que je pense à payer la sortie scolaire, ce week-end on pourrait faire ça, il faut réfléchir à comment je m'organise pour cet été"....

1 mois après je pense que nous n'avons pas encore saisi tous les bénéfices, mais je sens les enfants incroyablement plus ouverts aux autres, plus zen, plus confiants. Je leur ai appris là-bas qu'il n'y a pas de problème, que rien n'est grave. Le bus a 2h de retard ? pas grave du moment qu'on arrive à destination en bon état. Le lit sans matelas est un peu dur ? Pas grave du moment qu'on arrive à se reposer. On se fait arnaquer de 2 dollars par le chauffeur de taxi ? Pas grave, ce n'est que du matériel.

Ce voyage nous a appris à faire confiance en la vie, à nous laisser porter sans tout contrôler, il nous a appris la patience, à faire des deuils, à mettre fin à des relations douloureuses ou malsaines, il nous a appris que le hasard n'existe pas, il nous a appris à lâcher prise. Il nous a appris à faire confiance. A croire en l'Autre et à aller vers lui. On est rentrés riches de toutes ces belles rencontres que nous avons faites, on s'est nourris de cette connexion aux éléments naturels, la Terre, le Soleil, la Mer.

C'est dans ce contexte qu'une semaine après le retour la vie a décidé de m'envoyer une sorte de phénomène astronomique à l'échelle de l'esprit humain, un hasard qui n'en est pas un, et pour reprendre les termes de Jacques Salomé, "le propre d'une synchronicité c'est de produire un sens ou une énergie nouvelle qui va permettre un changement de regard, susciter une écoute différente, orienter un questionnement, une réflexion ou une recherche dans une direction et révéler, au-delà des apparences, des possibles et des prévisions, des aspects insoupçonnés de l'existence. Chacun de nous a été un jour ou l'autre étonné ou perplexe, touché, réveillé, interpellé ou même confondu par la force d'une coïncidence, par la rencontre surprenante et inattendue, parfois détonante, de deux évènements, de deux personnes, de deux phénomènes ou deux paroles qui n'auraient pas du se trouver là ensemble, réunies dans l'improbable du réel."

Si la tempête déclenchée fut rapidement calmée, elle m'a permis de prendre conscience de la force et de la stabilité intérieure que j'avais acquise, me pliant comme un petit roseau mais loin de me mettre au fond du trou dans lequel je suis tombée après mon retour du Brésil il y a 2 ans.

Bizarrement j'ai beaucoup pleuré de ce qui me "tombait" dessus, cet incendie intérieur combiné à la fatigue du retour, au blues qui était à son apogée à ce moment-là, à la nostalgie de notre vie de nomade, de notre lien à la nature qui se distendait. Comme une grosse pluie qui nettoie et cesse quand enfin on laisse tomber les résistances. C'est précisément à ce moment-là qu'apparait l'arc en ciel, puis un soleil radieux.

Cet évènement là n'aurait pas eu le même impact, la même portée si il était arrivé avant le départ. Et c'est là que j'ai eu le choix de remettre mon armure ou de prendre la main qu'on me tendait. Continuer à faire confiance, à croire en l'autre, à accepter de ne pas tout contrôler, à lâcher prise. En ça le voyage fut une belle répétition générale !

Ce départ a introduit un retour en fait. Un retour à la vie !

Je me lève chaque jour heureuse d'aller au travail faire un boulot que j'adore, heureuse du lien d'amour très profond scellé avec mes enfants, heureuse d'être connectée en continu avec mes amis.

J'aime mon boulot, j'aime mes enfants, j'aime mes amis, ça parait tellement niais et bateau de dire tout ça, mais comment l'expliquer différemment ? La langue française n'a qu'un seul mot pour définir tous ces sentiments, l'amour.

Mes amitiés se sont incroyablement renforcées, dans un amour complètement démultiplié, tout comme l'amour envers mes enfants qui s'est profondément étendu, le voyage m'ayant permis de les connaitre chaque jour un peu plus, d'avoir une patience et une curiosité envers eux bien plus grande qu'au quotidien. Tout cela dans une intensité très très saine et pure. Je suis rentrée sûrement bien plus tolérante envers l'Autre, ce qui me permet de prendre du recul quand une situation l'exige, d'être moins impulsive et moins dans le jugement.

Les enfants ont repris l'école, pas de gaieté de cœur, mais heureux de partager leurs journées avec leurs copains.

On sait aujourd'hui que plus rien ne nous empêche de repartir demain si on en a envie, et ça conforte l'apaisement que nos longues semaines en Asie ont apporté.

Oui, voilà, si je peux retenir un seul mot, ça serait celui-là.

On est rentrés apaisés. Debout, face à l'Univers, prêts non plus à l'affronter mais à vivre en harmonie avec lui. On a acquis une confiance en la vie absolument inébranlable.

On ne sait absolument pas de quoi le futur sera fait, mais on est déjà très heureux d'être là, LA, dans le présent, à jouir de nos bonheurs quotidiens. On est revenus à des choses si simples. La joie d'être ensemble, de s'aimer. La grosse leçon de vie est là ; toutes nos émotions agissent comme des aimants. La peur attire tout à elle, mais l'amour aussi. Et plus on aime la vie, plus elle nous aime !

On repart bientôt. Stay tuned ! (on perd pas notre anglais non plus :D )

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