© 2019 par Ma & Ky & Mi

Kruger et Marloth Park

March 1, 2019

 

6h, réveillés par le jour levé depuis déjà 30 minutes.
Il est temps de lever le camp car nous partons pour l'étape la plus mythique de notre voyage ; le parc Kruger, aussi immense qu'Israël, là où la nature est reine.
Mon fils est surexcité à l'idée de faire un safari, même sans savoir ce que c'est.
La route est longue, interminable et difficile. Je n'ai jamais vu un tel brouillard, on ne voit rien à 2 mètres devant.

 

 
Nous arrivons au parc avant 10h. Nous en partirons plus de 3 jours après.

 

 

 

 



Nous avons parcouru plus de 400 km à travers la savane, sur ces terres à la fois vertes et arides ; la terre est rouge et plusieurs rivières sont asséchées.

 

 Il est difficile de résumer le parc Kruger et nous avons tant de souvenirs qu'il est impossible de  les hiérarchiser. Des centaines d'oiseaux multicolores, un troupeau d'éléphants, une famille de girafes, des singes voleurs, un léopard qui fait la sieste, un lion qui termine sa nuit, un chacal terrassé par la chaleur, une tortue qui se balade, des gnous qui se desaltèrent, un buffle qui prend un bain de boue, des colonies de zèbres qui broutent de l'herbe, des milliers d'impalas qui traversent les pistes en gambadant, des aigles majestueux, des rhinos qui veillent au grain....nous sommes de simples petits invités dans leur territoire, dans leur monde. C'est incroyable de découvrir ce monde-là. Si simple et si basique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Au delà des animaux, tout est fait pour recevoir les visiteurs de la façon la plus confortable possible. Je ne parle pas des lodges de luxe à plusieurs milliers d'euros la nuit, mais de ces petites tentes aménagées qui nous accueillent le soir, les lits faits (et très confortables !) il y a de l'eau au frais dans les frigos et des petirs savons disposés  sur nos lits. Les sanitaires communs sont hyper propres, les douches sont de vraies douches avec de l'eau chaude ou froide et une pression presque meilleure que chez moi, il y a même une baignoire ! Non mais sérieux qui prend des bains dans la savane ?
Les cuisines communes sont ouvertes et il n'est pas rare qu'un phacochère nous frôle pendant que nous coupons les tomates.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Et quand la nuit tombe...c'est un autre spectacle qui commence. Le festival des étoiles déjà, cette voûte céleste magnifique, quand il n'y a pas de pollution nocturne, et les sons de la brousse, nombreux. Les cigales, les hyènes qui rigolent ou parfois un rugissement de lion plus loin dans la vallée...les milliers d'étoiles qui peuplent le ciel et on se laisse aller aux confidences...la dernière fois que j'ai vu un ciel identique, sur cette terre d'Afrique, c'était avec celui qui partage ma vie aujourd'hui, presque 15 ans après. Je pense à lui en regardant ce ciel et à ce voyage ou nous nous sommes rencontrés, au Maroc quand je n'étais pas encore majeure et que nous avions dormi sur le toit d'un 4x4 dans le désert non loin de l'Algérie. C'était le premier voyage d'une longue série. Qui aurait cru que nos routes se recroiseraient quelques jours à peine après mon retour d'Asie...
Mais nos souvenirs de safari, ça sera  aussi de longues heures dans la voiture à parcourir des pistes désertes, à chercher un éléphant ou une girafe, et s'extasier devant un bébé zèbre. Ces trajets où l'on rattrape le temps en se racontant nos petites histoires. Celles de l'école, des copains, de ma jeunesse. Les secrets que l'on se confie au détour d'un point d'eau ou l'on regarde aux jumelles les hippopotames se désaltérer. Ce couple croisé quelques jours plus tôt à plusieurs centaines de kilomètres que l'on retrouve par hasard au bac à vaisselle.

Parmi nos souvenirs les plus marquants, cet éléphant mangeant des feuilles à 3 mètres de nous ; on pouvait voir ses cils !

 


La famille girafe tranquille au milieu de la route ;

 


les troupeaux de centaines d'impalas qui mangent, mangent et mangent encore ;

 


le léopard, peut-être l'animal le plus difficile à voir, faisant sa sieste dans un arbre ;

 


les 3 rhinocéros, si rares, et les buffles prenant un bain de boue.

Le lion, finissant sa nuit, à 4h30 quand ranger vient nous tirer du lit pour nous faire découvrir le parc avant son ouverture et qu'on assiste au lever du soleil sur la savane;

 

 

 


ce troupeau d'éléphants, qui après avoir barboté dans l'eau, traverse devant nous. On ne peut pas expliquer ce ressenti ! Un mélange d'excitation, de peur, de fierté, de chance.

 

 

 


Comme j'ai fêté mes 32 ans ici, je me suis offert un petit cadeau : une nuit dans un lodge dans la réserve de Marloth, à quelques kilomètres du parc Kruger. Ici rien n'est fermé car il n'y a pas d'animaux sauvages...en theorie. Contrairement au Kruger que l'on ne peut faire qu'en voiture, ici il est tout à fait possible de se promener à pied. Moi qui ai l'habitude des ambiances backpacker, j'ai été très heureuse que l'on s'occupe un peu de moi. Pour la première fois j'avais une chambre  pour moi toute  seule et les  enfants en partageaient une autre.  Pour une fois  on m'a servi un jus d'orange en arrivant en me demandant si tout allait  bien. Pour une fois on m'a servi à table. Rien a faire, juste du repos autour de la piscine et des petites marches autour du lodge. En fait, pas besoin de marcher. Alors qu'on se baignait, on est venu me prévenir qu'il y avait une girafe devant l'entrée. A peine le temps d'enfiler une serviette que j'assiste à un spectacle de toute beauté : une vingtaine de girafes en balade au milieu du lodge. Un immense mâle très foncé et plein de jolies femelles. Et quelques bébés girafons tout petits ! Très curieuses, on a passé de longs moments à se regarder. J'étais tout prêt d'elles et j'arrivais a peine a leurs genoux ! Le matin de mes 32 ans, j'ai été réveillée très tôt, et malgré un lit ultra confortable je me suis promenée un peu. Le matin l'ambiance est vraiment spéciale ! Je suis tombé nez à  nez avec une girafe et son petit. Puis, en rentrant, 5 zèbres sont venus me saluer. J'étais impressionnée et pas rassurée car ça reste des animaux sauvages ! Mais je fonds devant ces petits chevaux rayés. Ils se sont rapprochés tout prêt et m'ont léché la main. Le temps était carrément suspendu, je n'ai même pas de mot tellement c'était un moment incroyablement fort, qui n'appartient qu'à moi, dans ce petit matin où il n'était pas encore 6h30 et où personne n'était encore debout. Le ranger du lodge est arrivé et il m'a dit qu'on avait eu une chance incroyable : les girafes, puis les zèbres, l'autruche et enfin la famille phacochère. Ils sont tous venus nous voir, dans l'immensité du parc.

Je me suis sentie tellement bénie à ce moment là. Je le garderai en moi jusqu'à ma mort. C'était tout simplement un des plus beaux de toute ma vie !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Regarder comment vivent les animaux, dans toute leur simplicité, dans leur quotidien, est incroyablement touchant. On s'est vraiment senti chanceux d'assister à tout ça.Dans cette savane infinie où nous sommes tout petits dans nos voitures, j'aime à rappeler à mes enfants que lorsque nous aurons disparu de la surface de la terre, les animaux eux nous survivront. Et alors que nous nous ressemblons tous et que nous sommes pourtant sans cesse en guerre, leur diversité immense ne les empêche pas de vivre ensemble. Les zèbres et les impalas partagent la même eau que les gnous et les buffles. Les girafes mangent les mêmes feuilles que les éléphants. Comment est ce que ce petit cheval à rayures arrive à vivre tranquillement à côté d'un gros pépère gris à trompe et d'un animal géant au cou démesuré et que nous nous n'arrivons pas à vivre tranquillement avec nos voisins qui sont si semblables ? Est-ce une question de caractère ? D'intelligence ? Quand j'avais 10 ans, je voulais être vétérinaire ; j'ai même fait mon stage de 3ème dans un cabinet vétérinaire. J'ai laissé tomber quand  j'ai compris que ma sensibilité m'empêcherai de les soigner  correctement... J'aime les animaux, de tout mon cœur. Je me sens bien plus proche d'eux que des autres humains. Je ne peux pas expliquer ce qui se passe en moi quand il y a un zèbre à 3 mètres de moi ; j'étais encore plus émerveillée que mes enfants.
Cette plongée dans le monde animal m'a donné une dose d'amour incroyable. On garde dans nos cœurs tous ces souvenirs pour bien longtemps !

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